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28 juin 2011 / C. Mandal

बे-time की बरसात be-time kī barsāt

Les premières pluies sont arrivées très tôt cette année et tout le mois de juin a été ponctué de petites averses, alors que d’habitude, c’est la période où souffle le fameux loo qui enflamme la terre et soulève la poussière, les pluies de pré-mousson étant un bienfait rare par ici et la mousson, généralement pas attendue avant la dernière semaine de juin ou la première semaine de juillet. Cette année, elle a pointé son nez le 20 juin.

C’est commentant sur le temps (il pleuvait une de ces petite pluie fine de pré-mousson), qu’un chauffeur m’a expliqué qu’il s’agissait là d’une pluie « hors-saison ». Et alors qu’il aurait pu utiliser les termes de « besamay » (बेसमय), « bevaqt » (बेवक़्त), ou encore « bemausam »  (बेमौसम), qui traduisent tous la notion de « hors-saison », il a dit : « यह बे-time की बरसात है yeh be-time kī barsāt hai ». Ce n’est pas tant qu’il utilise un terme anglais qui a frappé mon oreille, c’est qu’il l’accommode à la structure privative persane « be- », créant ainsi un nouveau mot, qui n’est plus à proprement parler de l’anglais…

Il se trouve que nous avons eu ensuite une conversation sur le hindi et la façon dont les gens le parlaient, en particulier la façon dont les gens le « massacraient » (je mets des guillemets pour souligner que je ne suis pas forcément solidaire, mais c’est l’idée qui ressortait de notre conversation). Nous en sommes très vite venus au fait que l’expression la plus flagrante de ce « massacre » était l’insertion à grande échelle de vocables anglais. Je lui ai alors raconté comment ma maid, qui n’est pas du tout familière avec la langue anglaise, utilisait de nombreux mots anglais, y compris dans des situations où leur équivalent hindi n’est pas du tout tombé en désuétude. C’est ainsi qu’elle utilise très fréquemment le mot « knowledge », dans des tournures comme : « मेरी knowledge में नहीं था कि merī knowledge mẽ nahī̃ thā ki… » (au lieu de dire tout simplement : « मुझे पता नहीं था कि mujhe patā nahī̃ thā ki… »).  À lui de m’expliquer alors que l’anglais étant la langue des gens éduqués, l’aam aadmi s’efforce lui aussi d’en maîtriser quelques bribes et de s’en prévaloir dans le hindi qu’il parle, préférant alors toujours le mot anglais (quand il le connaît), au mot hindi…

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